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Black hole and white walls [ft Owein]
Sam 15 Sep - 8:30
Allongée sur le matelas, Galatea fixait le ciel où aucune étoile ne brillait, où aucun nuage ne passait. Blanc. Elle contemplait le plafond de plâtre désespérément vide. C'était triste, vide. Rien n'est jamais uni dans la vie. Les gens sont composés de dizaines de couleurs, les fleurs et la mer aussi, alors pourquoi en serait-il autrement du plafond ? Voilà une heure qu'elle cherchait des nuances de teinte dans cette étendue pâle mais elle devait se rendre à l'évidence : il était uniquement blanc, tout comme les quatre murs de la chambre dans laquelle on l'avait installée. Elle était arrivée à l'université durant la matinée, quand le soleil avait pris la place qui lui revenait dans le ciel. Après s'être présentée et répondu à quelques questions, on l'avait conduit ici, dans cette chambre entièrement blanche. Assez ironique quand on savait que la résidence se nommait "black hole".  

Black hole... Elle n'aimait pas se nom, et elle n'aimait pas la chambre non plus. Gala s'était effondrée sur le lit près de la fenêtre et n'avait rien fait d'autre que détailler le plafond depuis. Elle avait remarqué qu'un deuxième lit se trouvait à côté de celui qu'elle s'était accaparée et que quelques affaires l'entouraient. La pièce n'était pas vide, ça l'avait rassurée. Elle ne savait pas qui les avait laissé là ou pourquoi il les avait laissé ici, mais elle lui en était reconnaissante. Cela donnait un peu de vie à l'endroit, contrastait avec les murs blancs. La lunalet n'avait apporté que très peu d'affaires : quelques vêtements, des pots de peinture et un petit coffret qui renfermait ses "trésors". Elle avait également emporté dans son voyage un petit lapin en peluche que Maman lui avait confectionné il y a de cela des années, mais il s'était laissé charmé par le chant des sirènes lors de la traversée et les avait rejoint dans l'océan. Son lapin lui manquait...

D'un bon, la jeune fille se leva, ouvrit la malle négligemment posée sur le parquet et en sortit pinceaux et pots de peinture. La voilà armée pour affronter le monstre blanc et vide qui se dressait face à elle. Vert pomme, rouge coquelicot et bleu ciel, Gala traçait en chantonnant des motifs colorés sur l'étendue de plâtre, terrassant le blanc avec bonne humeur. Après deux heures de combat, le mur près de la fenêtre était recouvert d'oiseaux colorés, de plantes exotiques et de paysages fantastiques. Il y avait aussi un épouvantail. Quand elle eut terminé, elle prit du recul et admira avec une certaine fierté son chef d'œuvre.

-C'est bien mieux !

Elle jeta un coup d'oeil aux autres murs encore vierges. Demain, elle s'occuperait d'eux. Demain, si elle avait le temps. On lui avait dit "pas de cours aujourd'hui, à partir de demain. Installez-vous, vous avez la journée pour explorer le bâtiment". Elle n'avait pas quitté la pièce depuis qu'on l'y avait amenée et ne comptait pas partir de si tôt : elle avait six années pour découvrir le bâtiment, rien ne pressait. Il lui restait plusieurs heures avant le tombée de la nuit et entreprit de créer une seconde peluche pour remplacer celle qu'elle avait perdu en mer. De sa malle, elle sortit du fil et une aiguille. Elle mis également la main sur des ciseaux, des boutons et des feutres, soit tout ce qu'elle avait besoin pour confectionner un lapin en peluche. Elle se servit de la housse de l'oreiller du deuxième lit comme tissu puis l'éventra pour transférer les plumes vers sa peluche. Encore quelques coutures et voilà ! le lapin en peluche était prêt. Des plumes jonchaient le sol, des touches de bleu ou jaune tachaient le parquet ça et là et Gala se trouvait presque aussi colorée que la fresque qu'elle avait peinte quelques instants plus tôt.

Assise sur le deuxième lit, elle chantonnait en cousant un bouton qui servait de deuxième oeil au lapin en peluche lorsqu'elle remarqua le jeune homme qui se trouvait dans l'embrasure de la porte. Elle tourna ses grands yeux azur vers lui et le salua d'un large sourire :

- Bonjour !

La premier élève qu'elle rencontrait depuis son arrivée ! Il venait sûrement dans sa chambre pour lui souhaiter la bienvenue.
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Galatea
1ière Année
Mer 19 Sep - 15:59
Black hole and white walls

La nuit, nous devons dormir. C'est un fait. Alors on nous a assigné une chambre. Et en plus de cela, on m'avait assigné une colocataire. Une ou un ? Je en savais pas encore, c'était risible, on 'avait juste dit qu'il y aurait quelqu'un avec moi. En même temps, je m'en serais douté, après tout il y avait deux lits. Je me demandais qui cela serait, et à quel point cette personne serait intéressante. J'y avais posé mes affaires, au plus loin de la fenêtre, je n'aimais pas ce genre de choses. C'était comme si quelqu'un qui ne connaissait pas la porte pouvait passer par la fenêtre. Et en plus, cette personne pouvait ne pas frapper et entrer tel un serpent. Quoi ? Moi ? Oh non je ne faisais pas ça, ou si peu … Bon, ça m'arrivait parfois d'entrer transformé en serpent. Même assez souvent, ça avait le don d'exaspérer mon maître, mais je n'allais pas changer, les réactions des gens étaient si drôles ! Tout cela pour dire que j'avais laissé mes affaires dans la chambre, et que j'étais sorti. Ce que j'allais faire ? Oh, petit curieux, comme je te comprends, moi aussi, je suis curieux, et bien je suis allé satisfaire ma curiosité.

La bibliothèque était le meilleur endroit pour un premier pas vers ce nouveau monde, mais je comprenais si peu les livres. Ils étaient si … formel. Pas de ludique, pas de découverte réelle, j'avais toujours eu du mal avec les livres, c'était pour cela que je préférais aller m'oxygéner. Alors après la bibliothèque, j'étais allé arpenter les bâtiments … Mais … Je m'étais perdu. Ordinaire, certes, mais j'avais un très mauvais sens de l'orientation. Surtout dans les lieux que je ne connaissais pas. Et j'avais envie de rentrer, mais la chambre me semblait si loin.

Après un long moment, je finis par retrouver mon chemin. Et après plus de deux heures de recherches, sans compter le temps que j'avais passé à arpenter sans réaliser que j'étais perdu. J'entrais donc dans la chambre pour voir une jeune femme devant moi … Et les murs repeints … Des oiseaux, des plantes et des paysages excentriques … C'était original comme nouvelle vision, un peu enfantin, mais j'appréciais beaucoup. La jeune fille se tourna vers moi, pour me saluer.

« Bien le bonjour gente demoiselle
Et bien, les murs ont subit une bien belle
Rénovation à ce que je vois
C'était étrange et sympa à la fois. »


Je n'avais pas dit que j'étais dans ma chambre, ni même demandé si c'était elle ma colocataire. Mais après tout, était-ce important ? Peut être bien, mais pas pour le moment. Mais je remarquais que ma taie d'oreiller était quelque peu endommagée … Quelle importance, je dormais sans, chez nous, c'était un accessoire de riches, même si je l'étais, je n'aimais pas le montrer, et puis mon maître trouvait que je dormais sans ronfler quand je n'en avais pas.

« Et bien, quelle originalité
De voir ainsi une taie
Découpée en bien milles morceaux
Et semblant être un lambeau.
Heureusement
Je dors sans ! »


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Owein Marwann
1ière Année
Sam 22 Sep - 6:16
« Bien le bonjour gente demoiselle
Et bien, les murs ont subit une bien belle
Rénovation à ce que je vois
C'était étrange et sympa à la fois. »


Tu le regardes avec curiosité en fouillant ta mémoire à la recherche de l'œuvre dont cette tirade provient. Une telle strophe pouvait venir de quelque poète oublié dont tu n'as pas la connaissance et après quelques instants de réflexion, tu dois admettre que tu ne parviens pas à l'identifier. C'est seulement à sa deuxième remarque que tu comprends qu'il parle naturellement en vers - ou du moins, en rimes - et que la taie d'oreiller que tu viens de réduire en charpie est en réalité la sienne. Ton colocataire ? Tu as vraiment un colocataire ? Tu n'étais sans doute pas attentive lorsque le responsable chargé de t'emmener à ta chambre avait mentionné ce point. Tu aurais pourtant dû t'en rendre compte : deux lits et les affaires qu'il avait laissées. C'est logique. Limpide même. Mais tu ne comprends ça que maintenant. Tu es loin de ton phare et de la solitude, tu dois maintenant te sociabiliser, et ça ne va pas être simple...

- C'est ton oreiller ?...

y penses même pas, ce n'est pas dans tes habitudes. Bien sûr, Maman t'a appris à être polie, à dire bonjour et au revoir, même si tu ne voyais jamais personne. Elle t'a montré comment bien te tenir à table et rester sage quand elle sortait du phare. À l'époque, tu ne comprenais pas à quoi ça servait de savoir tout ça vu que jamais personne ne venait te voir, mais ça faisait plaisir à Maman alors tu t'exécutais. S'excuser faisait parti des leçons, et tu l'as fait pendant longtemps. Mais à chaque fois, c'était la même chose : tu faisais une bêtise, Maman râlait quelques instants et il te suffisait de la regarder tristement pour l'attendrir, pour qu'elle finisse par soupirer et passer tendrement la main dans tes cheveux. Alors elle te souriait, disait "c'est pas grave", parce qu'elle n'avait pas la force d'être en colère contre toi. Tu as l'habitude qu'on te pardonne tout et de cette manière, tu n'as aucun doute sur le fait que ton colocataire oubliera rapidement l'incident. D'ailleurs, ça n'a pas l'air de l'affecter beaucoup.
Tu te concentres un instant et cherche tes mots. Tu voulais faire ça bien :

- J'aime la façon dont tu t'exprimes,
Que ce soit en vers ou en rimes.
La chose n'est pas aisée
Mais tu me donnes envie de m'y exercer.

Victorieuse, tu lui adresses un sourire rayonnant, comme pour le prendre à témoin de l'exploit que tu viens de réaliser, quoique "exploit" soit un bien grand mot pour une jeune fille qui a passé sa vie à étudier des poèmes. Une idée te traverse alors l'esprit. Tu te lèves en continuant d'observer le jeune homme, tu ne sais pas comment formuler ta demande.

- Pardonne-moi cette question importune,
Mais serais-tu toi aussi un enfant de la Lune ?

Tes yeux se fixent sur ses cheveux aussi blancs que les tiens. Avec ses phrases en rimes et sa peau pâle, peut-être est il un de tes demi-frère ? Cela pourrait expliquer pourquoi on vous a mis dans la même chambre, parce qu'on pensait que vous étiez de la même famille. Tu n'as jamais rencontré d'autre Lunalet avant, alors tu ne sais pas s'ils te ressemblent, s'ils ont les cheveux blancs ou s'ils parlent en rimes.
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Galatea
1ière Année
Lun 8 Oct - 16:33
Black hole and white walls

Quand elle me demanda si l'oreiller était le mien, un léger rire se fit entendre, émanant de ma bouche, la main posée devant celle ci. A dire vrai, je n'avais pas imaginé être dans la même chambre qu'une jeune demoiselle, j'avais cru que les chambres ne seraient pas mixtes. Bah qu'à cela ne tienne, au moins je ne serais pas seul. Même si j'aimais les gens, je n'étais pas le plus doué pour me sociabiliser, j'avais tant vécu avec mon mentor et personne d'autre, que vivre avec d'autres personnes allait être une nouvelle épreuve. Mais dans cet environnement, les épreuves étaient plaisantes, ce n'était pas la monotonie de mon monde. La jeune fille était bien différente, chez moi, on aurait pas repeint les murs, ni même découpé une taie d'oreiller, encore aurait-il fallu qu'on en ai une.

Oh, elle parlait elle aussi en rimes ? C'était étrange, on me disait toujours que j'étais bizarre quand je le faisais. J'eus une tête surprise un instant, avant de resourire comme avant. Mon sourire était sincère, même s'il faisait faux. Je souriais toujours, ce qui faisait qu'on ne savait jamais si j'étais honnête ou non, mais je m'en fichais. Elle fini par me demander si j'étais un enfant de la lune … J'avais entendu parler de cet astre, mais chez nous, nous n'avons pas cet astre. Du coup, cette question me semblait étrange. Il y avait des gens qui venaient de cet astre ?

« Et bien et bien, quelle ironie
Voilà que l'on me pose la question
Qui jamais n'a effleuré mon esprit
Et qui étonne bien, au fond. »


Je n'avais pas répondu à sa question, certes, mais j'avais exprimé. Il fallait peut être que je lui explique, que je n'étais pas d'ici. J'avais l'étrange impression qu'elle non plus, n'était pas d'ici venue. Mais comment formuler la question ? J'avais envie de la connaître un peu plus, par curiosité.

« Mais n'est ce pas de cet astre céleste
Dont on m'a montré d'un geste
Qu'elle brille ainsi la nuit
Et qui cache notre ennui ?

Tu me parle d'une chose que je ne connais point
Mais qui me titille au plus haut point. »


La conversation était étrange, même moi je devais l'avouer, mais elle était d'autant plus intéressante si les deux personnes avaient du mal à se comprendre, n'était-il pas ? J’avais du mal à cerner la demoiselle, elle me parlait de choses que je ne connaissais pas, elle fixait mes cheveux. Était-ce de là qu'elle tirait ses questions ?

« Hélas je ne suis pas de cet endroit
Je viens d'un lieu bien ennuyeux, il fait l'avouer
Nyphiamer est le nom du lieu où je suis né
Je suis un des enfant non roi. »

C'était ainsi que l'on disait pour les nobles qui n'étaient pas de sang royal, mais qui n'étaient pas du peuple bas.

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Owein Marwann
1ière Année
Sam 13 Oct - 13:41
Tu as vu le sourire du garçon vaciller quand tu t'es exprimée à sa manière. Ça t'a fait sourire et tu as pris ça comme un encouragement. Désormais, tu attends avec impatience de savoir si vous partagez un parent en plus de votre chambre. Tu es persuadée que oui. Il y a quelque chose en lui qui t'inspire confiance et tu mets cela sur le compte d'un lien de sang. À sa première remarque, tu ne sais pas comment réagir. Est-ce qu'il vient de dire qu'il n'est pas celui que tu penses ? Quelle déception... Déception très vite remplacée par de la surprise lorsqu'il t'avoue qu'il ne connait pas la lune. Comment peut-on ne pas connaître ça ? Elle n'est pas assez grande dans le ciel ? Ou alors il vient d'un monde sans lune ? Cette pensée te fige. Tu ne veux jamais connaître l'endroit d'où il vient, tu ne pourrais pas passer une journée sans voir l'astre lumineux dans le ciel nocturne, tu crois que tu en mourrais. Ton sourire vacille à cette idée, tu sais que la lune te garde en vie. Maman t'a un jour expliqué que tout le monde n'a pas besoin de ça pour survivre : les autres ont besoin d'eau, de nourriture et d'air. Toi, tu as juste besoin de voir la sphère d'argent briller dans le ciel.

« Hélas je ne suis pas de cet endroit
Je viens d'un lieu bien ennuyeux, il faut l'avouer
Nyphiamer est le nom du lieu où je suis né
Je suis un des enfant non roi. »


Nyphiamer. Comment un nom aussi joli peut-il décrire un endroit aussi horrible qu'un monde sans lune ? Et puis, il y a cette expression, "non roi". Tu ne sais pas ce que ça veut dire, tu le regardes étrangement, essayant de déchiffrer ses paroles. Tu comprends désormais pourquoi vous ne pouvez pas être demi frères et sœurs, vous êtes différents, vous ne parlez pas de la même manière.

- Ce soir, je te montrerai la lune ! Les gens de Nyphiamer seront jaloux que tu aies une lune à toi, même les rois t'envieront. Tu vas voir, c'est quelque chose de magnifique.

Tu ponctue ta phrase d'un sourire et ramène la peluche contre toi. À elle aussi, tu lui montreras la lune, bientôt. Tu n'as pas l'effort de parler en rime, tu ne peux pas exprimer correctement le fond de ta pensée de cette manière. Ton regard se pose alors sur le mur. Parmi les oiseaux et les plantes, tu l'as dessinée, un simple croissant pour représenter l'astre. Tu te lève, t'approche de la fresque et pose ta main sur ce qui t'intéresse. La peinture est sèche, tu restes pensive un instant. Finalement, tu te tournes vers ton colocataire :

- C'est ça ! Mais la mienne n'est pas aussi incroyable que la véritable. J'espère qu'on la voit d'ici.

Ton doigt glisse plus bas sur la fresque pour rencontrer un phare dessiné en quelques traits.

- Et moi, je viens de là. C'est une tour qui a enfermé le soleil et qui permet aux personnes de ne jamais se perdre.

Tu te plais à croire que ton phare ne guide pas que les bateaux mais aussi les âmes, Maman t'a un jour dit ça et tu aimes l'idée.

- Dis-moi plus de choses sur Nyphiamer.

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Galatea
1ière Année
Sam 27 Oct - 17:17
Black hole and white walls

Oh, voilà qu'elle proposait, en toute sa générosité, de me montrer cet astre dont j'avais parfois entendu parler. Quel élan de bonté, je ne pouvais que la remercier. Que les rois m'envient, je ne voulais pas une telle chose, surtout vu la réputation de ces lieux. On arriverait à me dire que ma folie m'a mené à un astre maudit. C'était étrange de penser qu'on pouvait m'envier, quelque chose entre excitation et mélancolie. Je n'aimais pas l'envie, j'avais fui ce sentiment, mon mentor étant quelqu'un que j'avais appris être simple. Mais je ne pouvais en dire de même des gens qui m'entouraient dans les premières années de ma vie. Ils enviaient ma liberté au point de m'éloigner. J'étais une gêne pour les sans gêne. Autant dire que ma présente personne n'était guère appréciée.

Voilà que son regard se tournait vers la fresque dessinée depuis que je m'étais éclipsé. La beauté de la chose, si simple, si pure, était vraiment étrange, tant de choses qui n'avaient aucun lien. Mais c'était ce qui faisait que la chose était enfantine. Elle se dirigea vers ces couleurs entremêlées, et elle me montra d'une main quelque chose qui ressemblait à ce que j'avais vu dans le ciel ces dernières nuits. Puis elle me montra quelque chose qu'on avait aussi par chez nous, ce monument qui guidait les marins et les pirates vers nos rives, un bâtiment guide, qu'on nommait phare. C'était d'un phare qu'elle venait si j'entendais bien. Elle parlait d'une tour qui avait emprisonné le soleil, je fis une mue un peu triste, comment pouvait-on prendre l'astre qui, même chez nous, guidait les animaux et nourrissait les végétaux. Chez nous aussi on avait des astres la nuit, deux pour être précis. Mais l'un représentait le bon, et l'autre le mauvais. On disait de moi que je venais du mauvais, avec mes cheveux blancs et mes habitudes de serpent.

« Quelle tristesse, d'emprisonner ainsi
La source de toute la vie.
Pourquoi un tel fardeau
Pour ce pauvre joyau ? »


Voilà qu'elle me demandait des informations sur mon monde de dépravation. Je n'aimais pas d'où je venais, où l'on se croyait puissant alors que personne ne l'était plus que la nature. Un jour, ils le comprendraient, quand la nature allait les empoisonner. J'allais peut être y participer, mais avant, je découvrais ce monde bien curieux.

« Chez nous, nous avons comme deux lunes
Une belle, scintillante , belle prune
Violacée et sombre comme l'esprit
Et l'âme des gens meurtris.

L'autre bien plus joli
Qu'on dit bien souvent être maudit
Est ce qui m'a donné ma couleur de cheveux
Qu'haïssent tant mes aïeux.
Je suis un enfant que l'on croit être
Une si grande source de mal-être. »


C'était sûrement surprenant de ma part, mais je détestais ce monde où j'avais vu le jour. Je préférais être un être à part, celui qu'on disait fou. Parce qu'on ne me prenait pas au sérieux, j'étais le vilain canard, on me pensait inoffensif, ils allaient voir. Je n'étais pas un rebelle, ni dans l'âme ni dans le corps, mais ils m'avaient déjà donné cette réputation bidon.

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Owein Marwann
1ière Année
Sam 3 Nov - 15:34
Combien de contes et légendes Maman t'a-t-elle racontés durant ton existence ? Des milliers, des millions, autant qu'il y a d'étoiles de la ciel. Au début, tu croyais tout ce qu'elle te disait, et c'est bien plus tard que tu as appris que ces histoires ne sont que des images, des figures de style pour raconter des événements anciens. Tu crois que ton colocataire ne l'a pas compris puisqu'il a l'air profondément choqué par ta révélation. Au début, tu te contentes de le regarder avec curiosité mais rapidement, tu laisses tomber ton masque de surprise pour rire faiblement. Tu ne te moques pas, ce n'est pas ton genre. Tu trouves ça simplement innocent et tu rigoles comme s'il s'agissait d'une simple plaisanterie.

Quand il commence son récit, tu manques de t'étouffer d'excitation. Deux lunes ! Comme ce doit être incroyable ! Tu t'émerveilles devant celle de la Terre et tu n'oses pas imaginer quels sentiments ou pouvoirs t'accorderaient deux astres. Heureusement pour toi, le jeune homme continue avec une description de chacune des lunes qui culminent dans son ciel : une gentille et une méchante. Ou plutôt, non. Une "maudite", c'est ça le mot qu'il a utilisé. Tu fais la moue. Comment une lune peut être maudite ? Et comment les gens ne peuvent-ils pas l'aimer ? C'est une lumière dans la nuit et un guide pour les océans, rien de maléfique là dedans. Plus les rimes s’enchaînent, plus tu crois ressentir une certaine tristesse chez ton interlocuteur. Tu ne sais pas trop s'il s'agit vraiment de tristesse mais en tout cas, tu sais que ce n'est pas bien. Tu restes silencieuse un instant, tu essaies de trouver quelque chose à dire. Finalement, tu te diriges vers lui et lui tend ton lapin en peluche parce que quand tu es triste, ça te réconforte de la serrer contre toi. Tu dois avoir presque deux têtes en moins que lui mais tu t'en moques. Tu lui souris car les sourires sont contagieux puis lui dit gentiment :

- Moi j'aime bien tes cheveux, et je t'aime bien aussi. Je ne sais pas pourquoi tes aïeux disent ça parce que je n'aimerais avoir personne d'autre pour colocataire.

Tu le penses sincèrement. Tu n'imaginais pas devoir partager ta chambre mais puisque c'est le cas, autant que ce soit avec quelqu'un qui te ressemble et que tu apprécies.

- Je dis peut-être ça parce que tu es la première personne que je rencontre en presque un siècle mais je le pense vraiment ! Tu n'est pas d'ici mais j'espère que tous les gens de l'académie sont comme toi !

Tu lui adresses un large sourire et tes yeux s'attardent une nouvelle fois sur sa chevelure.

- Si ta famille dit que tes cheveux sont comme ça à cause d'une des lunes, ont peut dire qu'on a un petit lien de parenté quand même ? Comme des cousins éloignés venant de planètes différentes.

Tu ris faiblement. Tu ne sais pas pourquoi tu veux absolument l'inclure à ta famille, même éloignée. Peut-être parce que tu n'as jamais vécu qu'avec ta famille et que le concept d'amitié t'est encore abstrait. Dans tous les cas, tu préfères te dire qu'un lien, même imaginaire, existe entre vous deux, ça te donne l'impression de vous connaître depuis des lustres sans vous être jamais rencontrés.
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Galatea
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