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Baver aux toilettes. (Libre.)
Mer 12 Sep - 18:53

Une belle journée. Le ciel était bleu et sans un nuage à l'horizon, on entendait des élèves rire silencieusement, peu désireux de rester enfermés encore vingt minutes entre les griffes d'un professeur d'histoire. Il y avait du brouhaha dans la cour, un vent qui permettait de supporter une chaleur pesante. Et elle, elle se mordillait l'intérieur de la joue.

Il devenait de plus en plus difficile de dissimuler son agacement. Entourée d'idiots qui se pensaient en mesure de ne pas écouter un professeur, professeur qui parlait trop lentement pour elle. Pensait-il s'adresser à des enfants en bas-âges ? Peut-être était-ce le cas après tout. Cela ne diminuait néanmoins pas son agacement. Et en plus, elle aurait préféré une chaleur sans vent. Qui aimait le vent franchement ? Être obligé de plisser les yeux pour ne pas avoir de légères larmes, avoir des frissons non désirés sans être prévenu et finir décoiffé. Le vent, c'était carrément naze. Alors elle s'arrachait petit à petit l'intérieur gauche de la joue, à coup de molaires. Gigotant légèrement sur sa chaise, elle semblait être montée sur un ressort.

« Louise ? Ca va ? »

« Oui t'inquiète, merci. J'ai juste besoin de filer aux toilettes alors ça devient un peu long c'est tout. Ca a été hier au fait avec Maria ? J'ai entendu dire qu'elle avait encore raconté des bêtises ce matin mais après tu sais moi les rumeurs j'écoute pas.»

C'est ça, parle, pauvre débile, comme si la réponse pouvait être intéressante. Elle savait très bien, douce Louise, qu'avec la dite Maria, vous n'attendiez qu'une raison un tant soit peu tangible pour vous cracher dessus. Jalouses l'une de l'autre, trop hypocrites pour vous éloigner avec maturité. Après tout, ce n'était que vous rendre service, de vous offrir des disputes depuis trois jours. Un service public, peut-être qu'elle pourrait en faire un métier un jour. On s'arracherait ses services, pour détruire un couple, donner une raison moralement acceptable de ne plus parler à sa sœur. Elle effacerait les culpabilités des déchirures relationnelles qu'on s'inflige, en offrant à tous et à chacun des motifs.

En attendant, elle voulait juste se tirer de cette salle de classe, ne plus entendre sa camarade de table et vider sa vessie. Peut-être laisser un peu de savon sur le sol en partant, histoire que la prochaine à rentrer dans les cabinets, s'explose au sol. Peut-être. Si elle avait au moins eu la chance d'avoir cette fameuse place, au fond de la salle, côté fenêtre. Elle aurait pu rêvasser, observer les nuages de manière poétique. Sauf que voilà, elle était au troisième rang, côté couloir.

Enfin, la libération. Jetant ses affaires dans son sac, elle se retourna vers sa voisine avec un air de chiot quémandeur de friandises.

« T'embête pas et pars devant, je fais vite promis, je te ramène un truc à boire au passage ? Un thé vanille comme d'habitude ? »

Elle était attentionnée, Louise. Elle connaissait exactement les préférences de chacun. Evidemment, elle ne crachait pas à chaque fois son poison dans leurs boissons, elle se serait faite attraper depuis bien longtemps s'ils se rendaient compte que c'était à chaque fois qu'elle leur ramenait quelque chose. Mais cette fois, après vingt minutes à écouter l'autre dinde et sa voix nasillarde, elle ne pourrait se retenir.

C'était en trottinant dans les couloirs qu'elle se dirigeait vers les toilettes, saluant au passage quelques élèves, les gratifiant d'un sourire lumineux. Parfois d'un petit mot doux, de petites excuses telles que « Désolée j'ai vraiment pas le temps, on s'appelle ? ». Elle n'appellerait pas. A la place, elle claqua la porte des toilettes derrière elle, lâchant son sac devant les lavabos et elle se glissa vers l'objet de ses désirs pour finalement, après deux heures d'attente, se soulager d'un poids.

Elle pris soin de vider le papier toilette pour ne laisser qu'une seule feuille sur le rouleau, pris soin de se laver les mains tout en laissant couler du savon un peu partout. Elle en profita même pour se recoiffer un peu. Puis elle hésita un peu. Un regard à droite, un regard à gauche. Louise faisait toujours attention lorsqu'elle décidait d'enquiquiner son monde, il ne fallait pas qu'elle soit vue. Son image de petit ange était bien trop utile pour se permettre de la perdre.

Ce n'est donc qu'une fois qu'elle fut sûre de n'avoir personne dans le coin, qu'elle ouvrit le flacon de savon pour y laisser couler un léger filet de bave. Tout juste de quoi faire vomir quelqu'un, promis.
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Race : Salamandre.
Feat : je sais pas je retrouve pas l'artiste, si quelqu'un peut m'aider.

Louise Le Goff
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